Méditation et anxiété

Méditation et anxiété : Comment la méditation aide-t-elle à vivre avec l’anxiété ?

Comment la pleine présence apprivoise-t-elle l’anxiété ?

Qu’est-ce que l’anxiété ?

Le site du CAIRN l’étymologie renvoie au mot latin angustia qui est un pluriel pour désigner l’étroitesse d’un lieu, un lieu resserré, comme un canyon ou les gorges d’une rivière et finalement comme la gorge serrée qui est l’une des manifestations physiques de l’anxiété. L’anxiété se manifeste en effet par des « réactions diverses face à la possibilité d’un danger, c’est-à-dire un danger qui approche et qu’on imagine ». Cette définition du psychiatre Christophe André dans l’ouvrage A nous la liberté ! Écrit avec Mathieu Ricard et Alexandre Jollien permet de distinguer l’anxiété de la peur d’une part qui désigne « l’ensemble des réactions du corps et de l’esprit face à une danger » et l’anxiété de l’angoisse qui se présente comme « une peur sans objet actuel et présent ». Toutefois l’angoisse est bien réelle qui « asservit le corps et l’esprit ».

Comment fonctionne l’anxiété ?

Christophe André se présente lui-même comme un grand anxieux et présente avec simplicité et humanité le fonctionnement du « cerveau anxieux ». Pour lui, l’anxiété serait comme « une allergie à l’incertitude » qui nourrirait une « tendance à anticiper et amplifier les difficultés » et donc dans les cas les plus intenses « la vie entière se transforme en sources d’inquiétude ». Le cerveau anxieux « est transformé en machine à surveiller, à éviter, à planifier ». L’anxiété peut se montrer assez envahissante car « même un risque imaginaire est capable d’envahir et d’asservir notre esprit ». On peut assister alors à « l’emprise d’une improbable projection » sur notre vie toute entière qui est affectée par une « vision du réel qui s’est distordue », qui a déformé et amplifié les dangers et qui conduit à une « perte de flexibilité » pathologique puisqu’il devient « impossible d’envisager d’autres possibilités ou d’autres actions ». Christophe André cite des études qui ont montré que « plus on est anxieux et plus on focalise sur l’objet » d’inquiétude. A un degré élevé, l’anxiété peut même se changer en angoisse. Les crises d’angoisse surviennent quand on se « projette dans le virtuel et dans des scénarios catastrophes improbables » à tel point que « l’esprit inflige des souffrances absurdes et créées par nous-mêmes ». Or, comme le fait remarquer Christophe André « le corps ne fait pas la différence entre le virtuel et le réel » comme on le vérifie à chaque fois que l’on a peur au cinéma et que notre rythme cardiaque s’accélère quand notre respiration se raccourcit. Dans l’anxiété comme dans l’angoisse, la souffrance psychique, émotionnelle et physique est bien réelle et tout à fait avérée.

Quelle serait l’origine de l’anxiété ?

Il est certain que l’anxiété a de multiples origines génétiques, physiologiques, familiales, culturelles … et il est sûr aussi que l’on n’est pas égaux face à l’anxiété comme face à la peur avec laquelle elle est intimement liée. Or, Christophe André rappelle très bien que la peur est certainement « la mère de toutes les autres émotions douloureuses » et que l’on « héberge toujours une ou plusieurs peurs » au fond de nous qui sont à l’origine des ruminations mentales, et donc, par extension des moments d’anxiété. D’ailleurs, il rappelle que mêmes les organismes primitifs sont animés de 2 mouvements : l’un pour approcher les ressources et l’autre pour éviter les dangers, ce qui prouve leur capacité à la projection face aux dangers. Les individus anxieux sont donc certainement parmi ceux qui contribuent le plus par leur talent d’anticipation des dangers à la préservation de leur espèce.

D’autre part, avec nos trois amis Mathieu Ricard, Alexandre Jollien et Christophe André nous croyons qu’il n’est guère possible de traverser la vie humaine sans connaître ni anxiété ni angoisse car par essence la vie humaine est fragile et éphémère . Ces auteurs confirment ce que Thich Nhat Hanh nomme « la peur originelle » dans le livre Prendre soir de l’enfant intérieur. Car au fond, « nous craignons tous de mourir » et nous touchons-là à la « vraie cause de l’angoisse » dont la « peur de la mort » est la « composante principale » et qui se décline à faible dose dans de multiples aspects de notre existence tel un poison subtile, facile à dissimuler et peu détectable au premier abord.

Quelles seraient les ressources pour vivre mieux la présence de l’anxiété dans notre vie ?

L’enjeu, au final, est donc de traiter l’anxiété comme une forme de peur sans argumenter ni raisonner pour ne pas aggraver l’emballement mental mais pour « échapper au rétrécissement de la peur et à l’état d’urgence aliénant qu’elle engendre » comme le décrit Mathieu Ricard. Le grand intérêt pour moi de la psychologie bouddhiste c’est de proposer des remédiations ou des antidotes qui sont d’autant plus pertinents qu’ils considèrent la réalité de l’anxiété telle qu’elle est, sans prétendre la combattre ni la faire disparaître, ce qui serait vain et illusoire. Christophe André également indique, enfin, que tout ça se travaille : « si tu veux vivre heureux quand tu es anxieux, sois capable d’affronter les vagues d’anxiété pour ne plus t’y noyer ». Bien sûr les techniques sont à acquérir en amont pour être efficaces « au cœur de la tempête » et demandent un véritable « entraînement existentiel » puisque « la condition humaine implique de ressentir régulièrement des moments d’anxiété et de désespoir ».

Méditation et anxiété

La pleine présence et les exercices d’entraînement du corps et de l’esprit consistent à « accepter de laisser la peur en place mais justement de ne pas la laisser prendre toute la place ». Alexandre Jollien décrit bien comment la pleine présence permet des « dissoudre cette brume des émotions » que « la peur surajoute au réel » afin d’ « apprendre à vivre l’expérience sans rien ajouter » en ancrant, d’instant en instant, tout son être dans le réel, « dans le refuge de l’instant présent ». Ainsi progressivement, nous découvrirons davantage de sagesse au fond de nous et un nouvel espace afin de «  progresser vers la liberté intérieure », « joyeuse et contagieuse ».

Précédents podcasts à consulter

Faut-il avoir peur de la peur ?

Méditer pour connaître la peur

Faut-il avoir peur du grand méchant stress ?

diter pour surfer les vagues de stress

Chanson Pomme « Anxiété » …un support « sororal » de méditation.

https://www.cairn.info/revue-enfances-et-psy-2009-1-page-40.htm

https://www.lalanguefrancaise.com/dictionnaire/definition/anxiete

https://esprityoga.fr/easyblog/scan-corporel-pour-apprivoiser-l-anxiete

https://esprityoga.fr/easyblog/disputes-stress-anxiete

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-chronique-de-christophe-andre/la-chronique-de-christophe-andre-7054624

https://esprityoga.fr/easyblog/15-remedes-naturels-pour-lutter-contre-l-anxiete

https://www.selection.ca/sante/vivre-sainement/10-positions-de-yoga-pour-soulager-lanxiete/

image résileste.com

https://www.miditrente.ca/fr/blogue/3-outils-pour-aider-les-jeunes-a-surmonter-l-anxiete-de-performance

https://www.babelio.com/livres/Rinpoche-Bonheur-de-la-sagesse–Accepter-le-changement-et-/1121270

https://www.babelio.com/livres/Rinpoche-Bonheur-de-la-meditation/109794

méditation et anxiété