
032 – LES CHAKRAS – Méditer en prenant les chakras comme supports
En quoi les chakras sont-ils de bons supports de méditation ?
Le terme de chakras est désormais bien connu et employé, y compris pour plaisanter, dans le langage courant. Nous nous proposons d’explorer le thème suivant : en quoi les chakras sont-ils de bons supports de méditation ?
Que sont les chakras exactement ? On retrouve l’usage du terme « chakras » dans la médecine traditionnelle indienne, l’ayurvéda, ainsi que dans la philosophie du yoga qui est aussi originaire du monde indo-gangétique. Le sens du mot en sanskrit est « roue » ou « disque » à la manière du soleil par exemple, voire sous forme d’une spirale.
Le terme « chakra » se déploie dans la médecine indienne qui est fondée sur l’observation des canaux d’énergie dans le corps rappelant un peu ce que sont les méridiens pour la médecine chinoise. En Inde, les canaux d’énergie sont nommés les « nadis ». La circulation de l’énergie dans le corps se ferait ainsi principalement le long de la colonne vertébrale selon le canal énergétique principal appelé “sushumna nadi” qui correspondrait au système parasympathique et au trajet principal du nerf vague. “Sushumna nadi” est complété par 2 canaux, l’un à droite (pingala nadi) et un gauche (ida nadi) qui relient les chakras qui correspondraient en fait aux systèmes glandulaires et endocriniens.
Ces canaux d’énergie peuvent être troublés. Les émotions par exemple en perturbant cette circulation peuvent avoir des conséquences néfastes pour la santé. Les chakras sont ainsi considérés comme les points de jonction des dimensions mentales, physiques et énergétiques de notre être dont il faudrait maintenir l’équilibre afin qu’ils demeurent ni trop ouverts ni trop fermés et laissent circuler l’énergie convenablement.
Les chakras principaux sont au nombre de 7, répartis entre le périnée et le sommet du crâne et portent chacun un nom en sanskrit. Ils sont représentés par des fleurs de lotus associées à une couleur dans l’ordre de l’arc-en-ciel. Chaque chakra est lié à un organe d’action, à un organe sensoriel, à des fonctions de la conscience ainsi qu’à divers symboles, sons, éléments etc…
Le yoga, et en particulier la pratique des postures, les asanas, est de fait considéré comme une branche de la médecine ayurvédique. En effet, en apaisant l’esprit et en limitant l’impact du stress, le yoga limite le risque de maladies. De la même manière, en contribuant à apaiser le système nerveux sympathique et en favorisant le système parasympathique et le nerf vague, le yoga facilite la digestion comme l’élimination, et, il équilibre le système hormonal. Pratiquer les postures du yoga développe une plus grande conscience corporelle et une plus grande harmonie intérieure notamment par l’équilibrage des centres d’énergie comme les chakras.
De la même manière l’attention portée, dans le yoga, au souffle et à l’énergie vitale qu’il véhicule, fait des exercices de pranayama des auxiliaires de santé tout à fait recommandés par la médecine ayurvédique. Tout notre corps respire et pas seulement les poumons. Les chakras semblent être des zones particulièrement sensibles à la qualité du souffle.
Enfin la méditation est omniprésente dans l’ayurvéda car la méditation est cet état de conscience totale dans lequel l’attention est pleinement concentrée quand le corps et l’esprit sont en parfaite harmonie. Le ressenti est alors celui d’une quiétude profonde à tous les niveaux de l’être. En effet, la méditation permet de distinguer le fonctionnement du cortex cérébral qui raisonne de celui du système limbique où se situent les régions du cerveau dédiées aux émotions. Par conséquent, la méditation limite les tensions et les nœuds dans le corps liés à des émotions trop vives ou trop intenses.
L’un des exercices fondamentaux de la méditation de pleine présence est appelé le scanner du corps. C’est une pratique de base qui est très bienfaisante. Un podcast lui a déjà été consacré et plusieurs y font allusion. En nous focalisant sur les chakras, je trouve intéressant d’expérimenter cette méditation à base de ressenti corporel et d’insister sur les zones ainsi identifiées. Les chakras sont un support de méditation qui complète bien le classique scanner du corps.
Nous sommes installés dans notre posture de méditation favorite avec une double orientation comme le préconise le yoga : notre posture assise témoigne d’un ferme enracinement dans le sol et dans la terre et permet aussi de maintenir une dynamique d’élévation vers le ciel en direction des étoiles et du soleil.
L’invitation de cette pratique concerne le ressenti corporel des différentes parties du corps situé entre le périnée et le sommet du crane qui sont identifiées sous forme de sept chakras nommés, symbolisés, colorés.
En prenant soin de respecter l’énergie du moment et les besoins émotionnels qui sont les nôtres, juste ici et juste maintenant, nous pouvons suivre – soit par la visualisation soit par le ressenti profond – le trajet constitué par ces sept chakras.
Nous commençons par MULADHARA CHAKRA, le chakra racine, celui de l’enracinement dans la terre qui représente l’incarnation et ses dimensions les plus physiques. C’est le premier chakra, situé à la base de la colonne vertébrale. Il est représenté par la couleur rouge et l’on peut le ressentir particulièrement dans la posture assise. Dans cette stabilité, ici et maintenant, nous nous enracinons à la fois bien ancré et bien relié à nous-mêmes. Dans la solidité de ces liens, nous pouvons ressentir une énergie qui n’est pas seulement un disque à l’arrière de la colonne vertébrale mais une énergie qui se déploie, un peu comme une sphère, dans tout l’intérieur de l’espace en contact avec le sol. Ni réfléchir, ni penser, juste ressentir.
Puis nous remontons par l’intérieur du bassin et jusqu’au sous le nombril à la rencontre de SVADHISTANA CHAKRA. Globalement, situé à hauteur du sacrum, il est symbolisé par la couleur orange. Le chakra sacré associé à la force vitale dans une région où circulent les fluides. On l’associe à l’expression « je ressens ». Ce chakra est lié aux organes génitaux et à la sensualité. Il s’associe à la joie profonde de vivre ainsi qu’à l’ouverture d’esprit, à la spontanéité et à la créativité ainsi qu’aux émotions spécifiquement humaines. Nous nous centrons sur l’intérieur de notre bassin et sur la partie basse de l’abdomen entre le pubis et le nombril, à la jonction des vertèbres sacrées et lombaires. Essayons de ressentir la respiration aller et venir depuis le plus profond de nous, dans cet espace de svadhistana chakra, le chakra sacré, au service de la confiance dans nos ressentis intimes et d’une juste estime de soi.
Nous parcourons ensuite la colonne pour rejoindre l’espace de MANIPURA CHAKRA, l’espace du plexus solaire qui est associé, comme on s’en doute, à la couleur jaune. Il est aussi associé à l’action et à l’expression « je fais» : j’utilise ma liberté pour m’affirmer, rayonner et concrétiser avec force et sagesse ma volonté. Revenir déposer la conscience et le souffle au niveau de MANIPURA CHAKRA, le plexus solaire. Sentir qu’en effet ce que ressent le diaphragme situé à ce niveau est un indicateur sensible à notre état général, mental et émotionnel, qui joue un rôle décisif sur la qualité de la respiration. Si nous nous sentons perturbés, le diaphragme est contracté, et, alors, il limite l’amplitude et la fluidité du souffle. Mais, quand le diaphragme est bien relâché, les inspirations sont amples et faciles. Les expirations sont vraiment complètes quand le diaphragme remonte, souplement et complètement, pour vider entièrement les poumons. Le calme et l’apaisement se diffusent et soutiennent notre élan et notre engagement dans l’action et la réalisation.
Tout en continuant de respirer en conscience, nous portons notre attention en direction du cœur au niveau de ANAHATA CHAKRA. C’est le chakra associé à la couleur verte et donc traditionnellement associé à la passion, à l’amour mais aussi à l’estime de soi. C’est en effet l’espace du cœur qui nous permet de nous relier aux autres, d’expérimenter l’amour inconditionnel et le don de soi, de cultiver le sentiment de l’appartenance. ANAHATA CHAKRA c’est l’espace du cœur qu’anime le flux et le reflux de la respiration dans un va-et-vient infini : les poumons qui se gonflent à l’inspiration et soulèvent la cage thoracique. Elle s’abaisse ensuite quand les poumons se vident lors de l’expiration. La respiration crée ainsi en nous l’espace nécessaire à la bienveillance et la compassion. Elle maintient active la capacité d’aimer et d’être aimé inconditionnellement. Ce 3° chakra est comme un intermédiaire entre tous les autres, les 3 inférieurs et les 3 supérieurs : ANAHATA CHAKRA fait ainsi le lien entre la terre et le ciel et unit constamment toutes nos dimensions, les plus charnelles et les plus incarnées comme celles plus subtiles et éthérées.
En suivant le trajet de l’air en nous, il nous amène à VISHUDDHA CHAKRA, le chakra de la gorge, associé bien sûr à la communication. « Je parle » est l’expression de ce centre d’énergie qui représente l’extériorisation dans la juste disponibilité à nos relations pour manifester la vérité. VISHUDDHA CHAKRA situé au niveau de la gorge ressent le souffle à l’inspire et à l’expire et au même niveau la nuque et des trapèzes s’animent dans un espace lié à la couleur bleu ciel comme l’éther. C’est l’espace qui est associé à l’ouïe et aux cordes vocales ainsi qu’à la thyroïde et à la sphère ORL. Il reçoit ce qui émane des autres et c’est pourquoi parfois il se noue malgré nous. Mais s’il est mal équilibré, nous pouvons nous laisser aller à monopoliser la parole, à faire preuve d’arrogance voire d’autoritarisme. Associé à la purification, c’est un espace qu’il est délicat de maintenir en équilibre mais c’est pourtant essentiel de parvenir à une expression de soi juste, sincère et confiante, mais aussi respectueuse et à l’écoute des autres.
Dans un espace de couleur bleu nuit, AJNA CHAKRA, vient compléter les sens précédents. Situé au niveau du 3ème œil, dans l’espace entre les sourcils, il est bien sûr associé à la vision au sens du regard sur l’extérieur. Mais AJNA CHAKRA c’est aussi le centre de la clairvoyance au sens de l’intuition. Il représente une sphère liée à la conscience élargie et à la spiritualité. Dans le bleu d’AJNA CHAKRA, au niveau de l’espace intersourcilier, nous pouvons aussi essayer de ressentir le passage de la respiration qui vient du nez : plus fraîche à l’inspire, plus tiède à l’expire ou pratiquer Nadi Shodhana, la respiration alternée. Imaginons que l’air rafraîchit tout l’intérieur de la boîte crânienne à l’inspire et qu’il en purifie chaque recoin à l’expiration. C’est ainsi que nous nous entraînons à distinguer ce qui vient du mental de ce qui vient de plus loin pour gagner en lucidité, grâce à la lumière qu’on associe à AJNA CHAKRA. Nous nous entraînons donc à mieux percevoir ce qui ressemble peut-être à une petite voix intérieure, pertinente, expérimentée et souvent pleine de sagesse. Nous parvenons progressivement à davantage de clarté intérieure. Nous pouvons exercer un discernement serein et une autorité juste grâce à davantage de concentration et de présence consciente.
Pour terminer cette exploration, il nous faut découvrir SAHASRARA CHAKRA, le chakra couronne, situé sur le sommet du crâne ou juste au-dessus, qu’on traduit aussi par « lotus au mille pétales » et sa forme est associée à la couleur violet. C’est assez particulier comme pratique. Car, il s’agit, en effet ici, d’élever la conscience en imaginant se relier et s’élever à un niveau plus grand que soi. On peut imaginer comme on le fait parfois dans les postures de yoga pour se redresser que nous nous accrochons quelque part dans le ciel ou que nous nous suspendons aux étoiles. Nous parvenons à une forme de présence pleinement consciente. Nous pouvons imaginer faire culminer notre énergie dans une forme de paix, d’harmonie et de compréhension supérieures. Pour certains il s’agit peut-être d’un niveau plus spirituel, pour d’autres d’atteindre le plus haut point de la sagesse universelle. En tout cas, l’intention demeure surtout de ressentir ce qui se vit au niveau le plus élevé possible à imaginer. Pour couronner la méditation sur les chakras, activer l’énergie de SAHASRARA CHAKRA c’est parvenir à ressentir la connaissance de soi, la paix et l’unité intérieures ainsi qu’une connexion altruiste à la nature, à tous les autres êtres vivants et à tout l’univers.
MULADHARA à la racine, SVADHISTHANA au niveau du sacrum, MANIPURA au niveau du plexus solaire, ANAHATA au niveau du cœur, VISHUDDHA au niveau de la gorge, AJNA entre les sourcils, SAHASRARA au niveau de notre plus haut point et peut-être juste au-dessus.
Ressentir subtilement dans tout notre être le souffle, l’énergie vitale et la présence consciente.
https://livre.fnac.com/a14089085/Angela-Hope-Murray-Je-pratique-l-ayurveda-pour-les-Nuls
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