« Tout le monde veut une vie heureuse…mais c’est le brouillard  » Sénèque (intro)

« Tout le monde veut une vie heureuse »

Dans une période d’incertitude et en allusion au brouillard du mois de novembre en Val de Saône, cette citation de Sénèque « Tout le monde, mon frère Gallion, veut une vie heureuse, mais lorsqu’il s’agit de voir clairement ce qui la rend telle, c’est le brouillard »

Au prise avec le brouillard extérieur comme au brouillard intérieur, nous disposons d’un outil avec la méditation pour nous arrêter, observer et nous recentrer afin de clarifier en nous la situation depuis l’espace de la conscience. En position d’observateur nous prendrons le recul nécessaire et nous retrouverons les ressources utiles pour continuer malgré tout à avancer. Comme des randonneurs dans un refuge, nous faisons halte pour poursuivre dans la bonne direction et avec le bon équipement.

La météo en Val-de-Saône offre une expérience de brouillard assez originale : une grande opacité sur les berges du fleuve et sur la ville car l’humidité a du mal à s’élever en raison d’un anticyclone et nous enveloppe dans une ambiance cotonneuse qu’il est plaisant d’observer avec un regard neuf.

Et en même temps il arrive que l’ambiance (novembre 2020) nous évoque le brouillard dont parle Sénèque. C’est intéressant de constater qu’il y a plus de 2000 ans la question était déjà la même. Et Christophe André nous invite à profiter de cette période pour faire le ménage dans nos illusions.

Il arrive aussi que dans notre fort intérieur, on n’y voit plus très clair et que l’on se sente perdu dans le brouillard, alors même que l’on aspire à une vie heureuse.

La pratique de la méditation est certainement une ressource à activer en période d’incertitude, d’opacité et de flou à l’intérieur comme à l’extérieur de soi. La méditation permet en effet d’en finir avec l’illusion de la certitude. Elle s’offre comme un outil à la fois pour la période et pour toutes occasions au cours desquelles on éprouvera le besoin de retrouver de la clarté en soi.

Sénèque

Sénèque (en latin Lucius Annaeus Seneca), né à Cordoue, dans le sud de l’Espagne, entre l’an 4 av. J.-C. et l’an 1 apr. J.-C., mort le 12 avril 65 apr. J.-C., est un philosophe de l’école stoïcienne, un dramaturge et un homme d’État romain du Ier siècle. Il est parfois nommé Sénèque le Philosophe, Sénèque le Tragique ou Sénèque le Jeune pour le distinguer de son père, Sénèque l’Ancien.

Conseiller à la cour impériale sous Caligula, exilé à l’avènement de Claude puis rappelé comme précepteur de Néron, Sénèque joue un rôle important de conseiller auprès de ce dernier avant d’être discrédité et acculé au suicide. Ses traités philosophiques comme De la colère, De la vie heureuse ou De la brièveté de la vie, et surtout ses Lettres à Lucilius exposent ses conceptions philosophiques stoïciennes. Pour lui :

« Le souverain bien, c’est une âme qui méprise les événements extérieurs et se réjouit par la vertu1. »

Ses tragédies constituent l’un des meilleurs exemples du théâtre tragique latin avec des œuvres qui nourriront le théâtre classique français du XVIIe siècle comme Médée, Œdipe ou Phèdre.