Méditer pour lâcher prise – pratique 20 min

Méditer pour lâcher prise : podcast pour ressentir la sérénité et la confiance nécessaires pour lâcher prise et s’élancer dans l’existence

Comment méditer suppose et cultive le lâcher prise ?

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Le lâcher-prise ou le non-attachement consiste d’abord à repérer nos réactions d’attraction et de rejet dans nos expériences intérieures. Observons nos tendances à saisir, à retenir et à s’accrocher à certains aspects de notre vie, et les conséquences que cela entraîne. Le lâcher-prise ne nous est pas étranger, c’est ce que nous faisons chaque nuit en nous endormant et en laissant notre corps et notre esprit lâcher prise. Nous sommes donc déjà des experts en la matière. Il suffit juste d’appliquer cette capacité à l’état de veille. En lâchant prise, nous laissons être ce qui est présent. Cette attitude est souvent citée en dernier, car elle inclut toutes les autres que l’on retrouve dans l’oeuvre de Jon Kabat-Zinn, Au coeur de la tourmente, la pleine conscience, J’ai lu, 2012. https://www.babelio.com/livres/Kabat-Zinn-Au-coeur-de-la-tourmente-la-pleine-conscience-MB/28889.

Le fondement du lâcher-prise n’est pas le moins délicat à mettre en pratique ; en effet, il peut apparaître très éloigné de notre mission de professeur voire contraire à celle-ci. Il peut même susciter un certain rejet puisqu’on pourrait l’associer au laisser-aller ou au laisser-faire. On peut même ressentir une certaine appréhension car on ne sait pas exactement quels seraient les effets du lâcher-prise. Ce fondement repose donc sur une certaine conviction qu’on peut expérimenter et voir ce qui se passe quand on laisse être ce qui présent. 

Parmi les expériences vécues par les professeurs, on peut évoquer les décisions d’appel qui invalident les décisions du conseil de classe. Dans un premier temps, le professeur principal peut le vivre comme un échec. Mais en se disposant à lâcher-prise on peut aussi se dire que toute expérience peut être vécue et devenir une source d’apprentissage. On peut également penser à cet élève de terminale en spécialité mathématiques qui déclare au dernier cours de l’année qu’ « on ne lui a pas donné le livre de l’année ». A ce stade-là, que faire ? Que dire ? Et si le lâcher-prise était une ressource possible pour ne pas en rajouter et souffrir excessivement d’une situation qui n’est pas à proprement parler de notre ressort ou de notre responsabilité. On peut également penser à cette élève qui sait théoriquement depuis décembre qu’elle devra présenter 3 documents d’anglais au bac et qui la veille des épreuves encore ne se dispose pas à en inscrire un 3° sur sa liste. Le professeur se sent tout à fait déstabilisé car l’élève s’éloigne ainsi beaucoup et à maints égards de ses attentes légitimes. Une fois encore c’est la notion de responsabilité qui est à délimiter et qui permettra de se résoudre au lâcher-prise, seule issue raisonnable pour ne pas s’épuiser professionnellement dans de vains combats. Il ne s’agit pas de laisser-faire mais de concentrer et doser son énergie afin de modifier son attitude de manière positive et constructive sur ce qui est dans le champ de notre responsabilité…et du possible. 

Retenons que nous ne pouvons pas changer les autres ni vivre pour eux. Nous pouvons juste essayer d’adapter notre attitude. Nous retrouvons ici la distinction entre réagir et répondre à une situation donnée. La réaction et l’attitude de résistance, c’est-à-dire d’aller à l’encontre de ce qui se présente, s’avèrent généralement coûteuses en énergie et au final pas toujours d’une grande efficacité. Il arrive même qu’une certaine propension à faire à la place de l’autre le prive de la fierté d’avoir surmonté l’obstacle et triomphé seul de ses difficultés. La méditation et la pleine présence invitent plutôt à partir de ce qui est déjà advenu et qui est déjà là pour faire avec, c’est-à-dire trouver comment accompagner l’autre en partant de là où il en est réellement lestés de ses expériences précédentes, de ses résistances et de ses peurs. On peut ainsi songer aux techniques d’arts martiaux qui suggèrent d’utiliser l’énergie adverse comme un appui pour déployer sa propre puissance. Le lâcher-prise consisterait donc à sortir de l’illusion de « l’élève- théorique » – pour citer la formule humoristique d’un collègue – pour laisser la réalité de la classe, des élèves et de nous-mêmes être ce qu’elle est. C’est certainement ainsi que nous pourrons ensuite trouver en toute sérénité la réponse la plus adaptée dans l’instant présent.

On peut également se référer à Gilles Farcet, un écrivain français qui s’inspire d’Arnaud Desjardins dans son itinéraire spirituel. Cet auteur indique que « le lâcher-prise se produit dès lors que le moi accepte de l’autre, de tout autre, qu’il soit autre » et quand je renonce à ma « prétention sous-jacente à tout contrôler », que je renonce aux « si.. » ou au « quand.. » pour me tenir exactement ici et maintenant, là où je suis, et pour chercher à agir avec justesse. Il ne s’agit pas de « baisser les bras » ou de «tolérer l’intolérable » car Gilles Farcet montre bien que « le lâcher-prise, dans l’immédiateté, est totalement compatible avec l’action dans la durée ». Simplement il s’agit de prendre en compte la réalité, d’avoir conscience de nos limites et de concentrer notre énergie au lieu de la gaspiller à vouloir tout contrôler ou à vouloir maîtriser l’avenir. Gilles Farcet recommande de ne plus aborder la vie avec une mentalité « d’assuré tous risques », car selon lui « quelle que puisse être la prétention du moi à contrôler l’avenir, la vie n’est pas une mutuelle et n’offre aucune garantie ». C’est pourquoi j’ai choisi l’image du trapèze pour illustrer le lâcher-prise. Olivier Clerc écrivain et essayiste franco-suisse précise cette métaphore dans des ouvrages de développement personnel pour accompagner les changements et les transitions. Le moment en effet où le trapéziste passe d’un trapèze à l’autre est tout à fait particulier et suppose de lâcher le premier trapèze. Pendant un moment, le trapéziste est dans le vide, entre les 2 trapèzes. Il affronte donc le vide, l’incertitude et sort de son périmètre de sécurité pour changer, pour repousser ses limites habituelles et découvrir de nouvelles possibilités. En essayant nous aussi de lâcher ainsi prise, nous manifestons notre confiance dans le fait qu’un second trapèze va se présenter. Cette métaphore nous invite à favoriser la culture du changement, à supporter le flou et l’incertitude pour avoir confiance dans le fait que quelque chose de meilleur se présentera et donc pour approfondir notre confiance dans la vie et grandir encore.

Enfin comme l’explique Alexandre Jollien, philosophe et écrivain, lâcher-prise c’est donc finalement « essayer de s’abandonner à la vie ». Il convient doncse méfier des méthodes et des injonctions y compris celle de lâcher-prise qui prétendraient « nous prémunir contre la souffrance ». « Or, ce n’est pas ça la vie » affirme Alexandre Jollien qui recommande de s’abandonner véritablement et de tout lâcher, y compris, le lâcher-prise. Quand nous nous sentons stressé ou que nous commettons une erreur ou faisons un choix qui n’est pas pertinent, il recommande de ne pas s’en rajouter avec une injonction au « lâcher-prise » mais de lâcher tous les « j’aurais dû… etc…» et les sentiments de culpabilité. Dans ces cas-là on préfèrera dit-il « s’entourer d’amis et les apprécier ». Selon lui, « être acteur de sa vie » c’est avant tout être « capable de partager ses expériences et ses émotions et à demande du soutien à ses amis. Ceux-ci, en recevant notre confiance et en nous aidant à porter nos fardeaux, nous permettent de « maîtriser le peu qu’il nous est possible de maîtriser ». Cet abandon à la vie et à l’amitié constituent au fond le meilleur engagement à renouveler et à essayer d’incarner d’instant en instant.

https://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Comportement/Interviews/Lacher-prise-c-est-accepter-ses-limites

https://livre.fnac.com/a7329438/Olivier-Clerc-Lache-ton-trapeze-et-attrape-le-suivant

https://www.youtube.com/watch?v=pCkC2iGidAk Olivier Clerc vidéo sur le changement

Méditer pour lâcher prise :  podcast pour ressentir la sérénité et la confiance nécessaires pour lâcher prise et s'élancer dans l'existence
Méditer pour ressentir assez de sécurité intérieur et parvenir à lâcher prise