Les attitudes de la pleine présence, des ressources à l’école : LA PATIENCE.

La patience c’est accepter que les choses se déroulent à leur propre rythme c’est pourquoi a méditation suppose et développe la patience

Sortir de la résolution de problèmes. Accepter chaque instant dans sa plénitude. Nous sommes souvent comme l’enfant qui veut aider le papillon à sortir plus vite de la chrysalide … C’est aussi se traiter avec bienveillance, quelles que soient nos expériences, nos limites, nos jugements, nos résistances. Pourquoi chercher à se précipiter vers de « meilleurs moments », en passant à côté de l’instant présent, qui est celui où se trouve notre vie. La patience nous rappelle que nous n’avons pas à suivre les égarements de l’esprit, mais que nous pouvons être totalement ouvert à chaque moment, et que les choses se déploieront à leur propre rythme, tel un papillon. La patience découle naturellement des qualités précédentes, le non-effort, l’acceptation et la confiance. Camille NAVARRE

Ce fondement peut paraître assez ambitieux pour nous professeurs dans le contexte de la classe pour plusieurs raisons qui sont le nombre des élèves présents, le rythme imposé par les conseils de classe et la pression des programme à terminer. Il semble que la tendance soit davantage à l’accélération et à la précipitation qu’à la patience. Le rythme de la classe semble toujours soutenu et le temps toujours trop court. Nos ambitions en terme de contenu ou de niveau à atteindre sont souvent plus élevées que ce qui nous est donné à observer. Alors comment comprendre ce fondement pour qu’il constitue une ressource et non une source supplémentaire de pression sur nos épaules et celles des élèves ?

Peut-être faut-il songer à l’hétérogénéité de fait des élèves afin de voir dans la patience une modalité efficace de s’adapter? Puisque les élèves sont tous différents et se déploient tous à un rythme différent qu’on le veuille ou non, la patience peut être une ressource qui nous invite à considérer le temps non comme un ennemi mais comme un facteur positif. L’idée qu‘il faut du temps pour grandir, pour prendre conscience de ses erreurs et pour parvenir à les corriger permet de mieux accueillir ce qui n’est pas tout à fait conforme à nos attentes. Considérer que tous nos élèves ne progresseront pas au même rythme et sans doute pas au rythme qu’ambitionne le professeur comme un postulat de base permet de ne pas se sentir davantage découragé et de ne pas décourager en retour les élèves. Utiliser la formule « pour le moment » est souvent très apaisant voire réconfortant ou stimulant pour le professeur comme pour l’élève.

Par ailleurs, il semblerait que plus on devient expert dans un domaine, plus on s’éloigne de la période où l’on en appris les bases. Aussi, on aurait tendance à méconnaître le coût cognitif des apprentissages pour les débutants ou pour les élèves. Le savoir enseigné acquiert au fil du temps un caractère d’évidence très éloigné du sentiment d’étrangeté qu’il peut produire chez les élèves. L’invitation à la patience, c’est-à-dire à reconnaître le temps nécessaire à la découverte et à l’appropriation par les néophytes est peut-être au fond plus conforme à la réalité telle qu’elle est. La patience est sans doute un fondement difficile mais incontournable pour une meilleure qualité de présence à soi-même et aux autres quand le réel est un peu en deçà de nos espérances notamment au regard d’un planning ou des attendus d’un programme.

La méditation suppose et développe la patience : podcast introductif lu ici

pratique MEDITER POUR CULTIVER LA PATIENCE